L’accompagnement en formation est le pilier de la réussite ! Sans accompagnement, l’apprenant se retrouve seul face à son projet et doit articuler comme il peut le planning, les cours à apprendre, les objectifs pédagogiques. Si certains s’en sortent très bien et sont parfaitement autonomes, la plupart des apprenants ont besoin de repères pour construire leur stratégie d’apprentissage. Pour permettre à leurs inscrits de réussir, les centres de formation doivent les ACCOMPAGNER. Le terme, très à la mode, revêt plusieurs significations qui ne sont pas forcément les mêmes selon qui l’utilise. Un éclairage s’impose …

Qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

Accompagner, c’est “cheminer aux côté de” : où que l’on aille, on y va ensemble. En formation, l’apprenant choisit la direction, les conditions, le rythme, etc. et l’accompagnant vient avec lui. Où qu’il aille, l’apprenant sait qu’il y a quelqu’un avec lui. Cette présence à ses côtés lui donne du courage car il sait qu’il n’est pas isolé. Ces échanges lui permettent de réfléchir à la façon dont il agit et de l’améliorer pour atteindre ses objectifs.

C’est là que l’on touche à la limite de l’accompagnement. L’accompagnant n’agit pas à la place de l’apprenant. Il questionne en fonction de ce que lui dit l’apprenant, discute, ne juge pas, il est juste là. Il donne confiance indirectement, mais c’est l’apprenant qui fait, réfléchit, parle. Or, la formation, c’est aussi montrer, conseiller, aider, autant d’actions qui n’entrent pas dans l’accompagnement mais dans la démarche de tutorat. Il faut également récolter les informations sur l’efficacité de la formation : c’est le suivi. Par extension, et faute d’avoir trouvé un terme plus approprié, les pédagogues parlent d’accompagnement dans tous les cas. Il comporte en réalité trois postures différentes mais essentielles en formation la démarche : 

  • Le tutorat (le formateur montre la direction)
  • L’accompagnement (le formateur est aux côtés de l’apprenant)
  • Le suivi (le formateur suit l’apprenant)

Lorsqu’un apprenant s’adresse à un organisme de formation, il doit bien avoir en tête ce que signifie “accompagnement” pour lui, et interroger l’organisme sur ce qu’il appelle “accompagnement”. Dans sa recherche de formations, France Orientation Conseil prend en compte cette distinction.

L’accompagnement en formation : quand a-t-il lieu ?

Il existe plusieurs temps d’accompagnements et c’est Yann Serreau (2013) qui en parle :

  1. L’accueil / information : sur le programme, les modalités de travail, d’évaluation, et sur le métier.
  2. Le positionnement qui englobe plusieurs étapes autour de l’inscription : l’admission sur dossier ou sur tests, la constitution du dossier d’inscription et surtout la recherche de vos besoins, votre projet, l’importance de la formation dans votre parcours. Le positionnement permet également de contractualiser avec le centre de formation sur les modalités de la formation : c’est le moment de faire part de vos attentes, de vos freins, et d’évaluer en quoi le centre de formation peut apporter un soutien pendant cette période délicate de formation.
  3. L’acquisition de connaissance (pédagogie et moyens, intervenants, fréquence et modalité des interventions…) : c’est là que vous constaterez la réalités des engagements de chacun (vous y compris). Votre rôle est clair et vous le connaissez : lire et étudier les cours, faire les exercices, être actif et disponible, participer aux activités de formation. Le centre de formation, quant à lui, doit vous fournir les moyens nécessaires pour apprendre. Cela passe bien sûr par les cours et la fourniture de supports et d’activités qui correspondent, mais aussi par l’écoute et l’échange. Vous devez pouvoir vous adresser à un formateur référent ou à votre coordinateur en cas de question ou de problème, ou aux autres apprenants. La recherche se concentre de plus en plus sur cette thématique et les conclusions sont incontestables : on réussit mieux sa formation si l’on adopte une démarche méthodique pour apprendre. N’hésitez donc pas à demander quelles sont les actions menées par le centre de formation dans ce contexte.
  4. Les temps en entreprise (alternance et stages) : selon les organismes et les formations, les temps en entreprises sont plus ou moins déconnectés de la formation en centre. Or, les temps en entreprise doivent suivre le même rythme que la formation : découverte, acquisition, perfectionnement, évaluation, valorisation. N’hésitez pas à demander le parcours pédagogique en entreprise à votre centre de formation, il aiguillera le travail de votre maître de stage et vous permettra d’aborder le terrain plus sereinement. Vous devez aussi pouvoir connaître le nombre de rencontres entre votre référent stage et le tuteur en entreprise, et disposer d’un livret de suivi de stage. 
  5. Le projet professionnel (orientation, ateliers de réflexion, mémoire, recherche d’emploi) : la formation s’inscrit forcément dans un projet plus large. Le stage, le mémoire, la recherche d’emploi font partie de cette démarche et l’accompagnement doit permettre l’aboutissement des objectifs fixés. Il est donc essentiel de savoir en quoi la formation sert ce projet et de quel accompagnement vous bénéficiez dans ce domaine.
  6. Le changement d’identité professionnelle (reconversion, entrée dans la vie professionnelle) : vous changez de métier ? La bascule n’a rien d’évident : vous allez entrer dans un environnement nouveau, aux codes inconnus où vous n’êtes plus un expert, mais un débutant. Vous devez vous préparer à cette posture et agir avec méthode pour ne pas vous laisser décourager par la masse d’informations que vous allez avoir à maîtriser. La première chose à faire est de positionner les différents acteurs et de comprendre leur rôle afin de vous positionner dans ce nouveau monde. Allez à leur rencontre, échangez avec eux. Dans un second temps, identifiez le vocabulaire professionnel du secteur que vous abordez, pour comprendre vos interlocuteurs. Enfin, cherchez à comprendre les spécificités du métier vers lequel vous vous tournez et les compétences qu’il est essentiel de maîtriser pour l’exercer. Vos formateurs et vos accompagnants sont là pour vous accompagner tout au long de ce processus.
  7. Dans la relation (valeurs, gestion du groupe, convivialité, …) : l’accompagnant est un médiateur : il anticipe les tensions en régulant les échanges, en instaurant un climat favorable à l’écoute et au respect de chacun dans le groupe. Les ateliers d’échange de pratique sont l’occasion de travailler la mise en relation, l’apprentissage de codes de communication adaptés aux différentes situations que l’apprenant est susceptible de rencontrer dans son environnement professionnel. L’idéal est d’éviter les échanges directs en s’adressant systématiquement à l’animateur qui doit instaurer des règles de fonctionnement sur lesquelles tous les participants doivent s’accorder. N’hésitez pas à demander à votre coordinateur de formation quels sont les actions de médiation prévues et comment elles sont organisées en formation.
  8. L’évaluation (préparation, organisation, attendus, niveau) : préparer une évaluation, ce n’est pas seulement réviser et se préparer techniquement. C’est aussi se préparer physiquement et mentalement, adapter sa  démarche à la situation (oral, écrit, mise en situation…). L’accompagnement doit prévoir un véritable coaching souvent délégué aux formateurs eux-mêmes. 

Les questions à se poser sur l’accompagnement avant d’entrer en formation

  • Qui sont vos interlocuteurs, qui est votre accompagnant principal, le référent de la formation ?
  • En quoi consiste l’accompagnement (est-il proactif avec l’animation d’ateliers thématiques ou réactif, est-ce qu’il s’agit uniquement de répondre à vos questions) ? Quelles sont les activités organisées dans ce but, quelles actions proactives ?
  • Comment se fait l’animation de la formation ? Car une formation, ce ne sont pas que des cours, c’est aussi un lieu d’interactions (elles sont au centre de l’apprentissage), donc demandez-vous : quelles interactions sont proposées avec l’équipe pédagogique, les professionnels et les autres apprenants ? Me conviennent-elles ? Rappelez-vous, ce n’est pas la quantité qui fait la valeur, mais la diversité des interactions.

Le mieux est un accompagnement le plus personnalisé possible, c’est-à-dire que votre interlocuteur vous connaît, vous et votre projet, y prête de l’intérêt, et le prend en compte dans vos échanges (pas ou peu d’injonctions à « faire », mais des recommandations en fonction de ce que vous voulez. Après, c’est vous qui voyez !). Chaque niveau d’accompagnement peut être réalisé par une ou plusieurs personnes.

En conclusion

L’accompagnement de la formation ne consiste pas seulement à animer des séances de cours. il ne s’agit pas non plus de donner des conseils, ni même d’imposer une méthode de travail. Il s’agit de faire réfléchir les apprenants sur leur méthode d’apprentissage, de leur faire connaître et essayer de nouvelles méthodes, de les rendre autonomes en leur permettant de faire leurs propres choix en fonction de la stratégie qu’ils auront décidé de mettre en oeuvre. Les moyens les plus adaptés pour atteindre ces objectifs sont :

  • L’entretien individuel (de positionnement, de régulation, de bilan)
  • Les ateliers de partage de pratiques entre apprenants 
  • Des ressources (tutoriels, outils d’organisation)
  • Des modalités d’apprentissage variées (rencontres avec des professionnels, vidéos, mise en situation professionnelle, conférences,…)
  • Des ateliers d’écriture et de travail sur le projet professionnel et la rédaction d’un projet d’activité

Pour accompagner le développement des compétences et l’acquisition de connaissances, France Orientation Conseil propose un module de méthodologie de l’apprentissage accessible sur notre plateforme Aiguillage à tous les apprenants inscrits en formation par nos services. Ils permettent l’échange de pratique entre apprenants et le développement d’une stratégie d’apprentissage personnelle. 

Bibliographie

  • Giordan A. et Saltet J. (2015). Apprendre à apprendre. Paris : Librio.
  • Serreau Y. (2013). Accompagner la personne en formation. Paris : Dunod.